Maroc Telecom · Sonatel · Telecom Egypt · Ooredoo · 2001 → 2025 → 2035
Compilé par Claude (Anthropic) · 2 septembre 2026 · pour Saad

Maroc Telecom, l'ère Ahizoune en chiffres

Quatre indicateurs suivis depuis 2001 — l'année où Abdeslam Ahizoune devient Président du Directoire et où Vivendi entre au capital — comparés aux trois opérateurs qui ressemblent le plus à Maroc Telecom, puis prolongés jusqu'en 2035 « à cap constant ». C'est le miroir de l'étude OCP : là où l'État a gardé 94 % de l'un, il a vendu 78 % de l'autre. Chaque graphe indique ses sources ; chaque point porte son niveau de confiance.

Question préalable

Quelle entreprise ressemble le plus à Maroc Telecom ?

Il n'existe pas de jumeau parfait : Maroc Telecom cumule trois traits — un opérateur historique intégré (fixe, mobile, fibre) qui a perdu son monopole, un groupe étranger qui le contrôle (e&, ex-Etisalat, 53 %) avec un État resté minoritaire (22 %), et un second pilier africain (Moov Africa, 52 % du chiffre d'affaires 2025). Selon l'angle, trois groupes s'en approchent.

Réponse courte : Sonatel (Sénégal)

C'est le même modèle, à quelques années et quelques milliards près : un opérateur public privatisé au profit d'un groupe étranger (Orange 42,3 %) avec un État minoritaire (27,2 %), coté en bourse, qui distribue l'essentiel de son résultat et a fait de l'Afrique de l'Ouest son relais de croissance (Mali, Guinée, Guinée-Bissau, Sierra Leone). Sonatel pesait le quart de Maroc Telecom en 2004 (0,48 contre 1,96 Md$) ; elle en pèse 84 % en 2025 (3,3 contre 3,9 Md$) — et sa trajectoire la fait croiser Maroc Telecom vers 2028-2030 à cap constant.

Pour comparer un État qui a gardé le contrôle, regarder Telecom Egypt (70 %) ; pour comparer une ambition régionale financée par un capital public patient, regarder Ooredoo.

ModèleSonatel — même privatisation (opérateur étranger + État minoritaire), même cotation, même payout élevé, même expansion vers les voisins ; mais un marché domestique cinq fois plus petit, et une croissance de 7,5 %/an que Maroc Telecom n'a plus depuis 2008.
Métier & contrôleTelecom Egypt — l'opérateur historique que l'État égyptien a gardé à 70 % (20 % cédés en 2005, 10 % en 2023) : fixe monopolistique, mobile depuis 2017, 45 % de Vodafone Egypt ; mais une livre divisée par huit depuis 2016 et un effectif hérité quatre fois plus lourd.
AmbitionOoredoo — champion national du Qatar (QIA 53 % + entités publiques 15 %) qui a acheté sa croissance en 2007-2008 (Wataniya, Indosat) avant de la rendre (Indosat 2022, Myanmar 2024) ; présent en Algérie et en Tunisie, il est le voisin le plus proche de Maroc Telecom sur le terrain — et le seul des quatre exonéré d'impôt sur les sociétés chez lui.
Sources de cette section

Sources : Maroc Telecom – Rapport financier 2025 (actionnariat, segments) · Document d'enregistrement universel 2024 · ANRT – Observatoire mobile · ANRT via Libération – indicateurs fin 2025 · ANRT via Tic-Maroc – parts FTTH (juin 2026) · Sonatel – Rapport annuel 2025 · OSIRIS – « Le modèle Sonatel » (privatisation 1997-1999) · Telecom Egypt – Corporate presentation, févr. 2026 · Al Jazeera – cession de 9,5 % de Telecom Egypt (2023) · Ooredoo – Fact sheet FY2025 · Ooredoo – États financiers 2024 (note 19 : exonération d'IS au Qatar).

Quatre KPI, un graphe chacun

Trajectoires 2001–2025 et prolongement 2026–2035

Valeurs converties en dollars aux taux de change moyens annuels de la Banque mondiale, pour rendre les quatre groupes comparables ; la monnaie locale est dans l'infobulle et dans le tableau de chaque graphe. Traits pleins : données publiées. Pointillés : prolongement mécanique de la tendance (« si on garde le cap »). Bande turquoise : fourchette Maroc Telecom entre tendance longue et tendance récente.

Cliquer sur un nom dans la légende masque la série. Survoler un point affiche la valeur, la monnaie locale et le niveau de confiance (E = document primaire, P = presse/communiqué/arrondi, D = calcul). Le graphe 3 (salaires vs inflation) n'a pas de projection.
Si on garde le cap

Où mènent les trajectoires actuelles en 2035 ?

Extrapolation mécanique, pas prévision : pour chaque série on ajuste une tendance exponentielle (régression log-linéaire) sur la période disponible et on la prolonge dix ans à partir de la dernière valeur publiée. La fourchette compare la tendance longue (toute l'ère Ahizoune) à la tendance récente (2015–2025). La contribution à l'État est projetée comme un pourcentage constant du chiffre d'affaires (moyenne des cinq dernières années).

Pour aller plus loin

Comprendre la stratégie de chaque groupe

Vidéos, documents et articles qui expliquent le « pourquoi » derrière les courbes — à commencer par Abdeslam Ahizoune lui-même, devant l'Institut Royal des Études Stratégiques, et par le récit du passage de relais à Mohamed Benchaâboun en février 2025.

La vidéo à voir en premier

Abdeslam Ahizoune à l'IRES — le modèle Maroc Telecom raconté par son président

Le Président du Directoire devant l'Institut Royal des Études Stratégiques (vers 2013-2014) : la restructuration, le prépayé, l'entrée de Vivendi, la 3G puis la 4G, et le pari africain qui deviendra Moov Africa.

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En complément

TelQuel — « De Ahizoune à Benchaâboun, les raisons du passage de relais »

Février 2025 : pourquoi le Conseil de surveillance, présidé par la ministre des Finances, ne renouvelle pas le mandat de l'homme qui dirigeait l'entreprise depuis 27 ans — six mois après la condamnation à 6,37 MMDH au profit d'Inwi.

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Les stratégies comparées, façon cabinet de conseil

Synthèse analytique rédigée par Claude à partir des documents cités dans cette page (rapports financiers et documents de référence Maroc Telecom, présentation des résultats 2025, rapports annuels Sonatel, Telecom Egypt et Ooredoo, Capital Markets Day Ooredoo 2025, ANRT, presse) — les jugements en italique sont des interprétations, pas des citations.

DimensionMaroc TelecomSonatelTelecom EgyptOoredoo
Ambition affichéeReconquérir le Maroc par la fibre partagée (Uni Fiber avec Inwi : 1 M de prises en 2 ans, 3 M en 5 ans) et la 5G (couverture 85 % en 2030) ; faire de Moov Africa un moteur data + Mobile Money ; CAPEX porté à ≈ 25 % du CARester n°1 en Afrique de l'Ouest francophone : 5G (premier au Sénégal, 2024), fibre (≈ 900 000 foyers raccordables), Orange Money, intégration de la Sierra Leone« Internet of Egypt » : fibre pour tous les clients, 5G nationale (juin 2025), hub mondial des câbles sous-marins (« 90 % du trafic Europe-Asie-Afrique »), monétiser les 45 % de Vodafone EgyptStratégie « RISE » : recentrer le télécom cœur (96 % du CA) et bâtir des infrastructures monétisables — TowerCo de 30 000 tours avec Zain, data centres Syntys, câbles, fintech
Levier n°1 de création de valeurL'infrastructure héritée du monopole : 50,9 % du fixe, 50,2 % de la fibre (mars 2026), plus de 77 millions de clients dans le groupeLa marque Orange et le paiement mobile (Orange Money depuis 2010), sur des marchés encore en croissanceLe monopole de fait sur le fixe (14,1 M de lignes) et la géographie : l'Égypte est un passage obligé des câblesLe capital patient de l'État qatari : 5 Md$ de dette levés en 2007 pour Wataniya, puis Indosat, sans exigence de dividende élevé
ExpansionMauritanie 2001, Burkina et Gabon 2007, Mali 2009, six filiales ex-Etisalat 2015, Tchad 2019 : l'international dépasse le Maroc en 2025 (19,2 contre 18,7 MMDH)Mali 2003, Guinée et Guinée-Bissau 2007, Sierra Leone 2016 ; le Sénégal ne pèse plus que la moitié des effectifsAucune filiale à l'étranger : l'international, c'est le transit (2Africa, SEA-ME-WE-6, Coral Bridge) facturé en dollarsOman 2005, Wataniya (Koweït, Algérie, Tunisie, Palestine) 2007, Indonésie 2008, Irak, Myanmar 2014 — puis repli : Indosat fusionnée 2022, Myanmar cédé 2024
Marchés prioritairesMaroc (48 % du CA) et dix pays d'Afrique francophone (52 %)Sénégal, Mali, Guinée, Guinée-Bissau, Sierra LeoneÉgypte, plus le marché de gros internationalGolfe (Qatar, Koweït, Oman), Maghreb (Algérie, Tunisie), Irak
Rempart concurrentielLe réseau fixe et fibre historique — mais la part de marché mobile est tombée de 76,7 % (2001) à 32,3 % (2025), derrière Orange et InwiAdossement à Orange (marque, achats, technologie) et leadership sur cinq marchésInfrastructure fixe nationale, 25 câbles, État à 70 % : personne ne peut le contournerDuopole domestique protégé, ancrage QIA, exonération d'IS au Qatar
Risque principalÉrosion du marché marocain (CA Maroc −29 % depuis 2010, ARPM divisé par six), plus de 12 MMDH de sanctions 2020-2024, change et régulation sur Moov AfricaFiscalité et régulation (surtaxe 2011-2012, amendes ARTP), concurrence de Free et de Wave, dépendance à la stratégie d'OrangeDévaluations de la livre (6 → 49 EGP/$ en vingt ans), dette en devises, sureffectif hérité (trois plans de départs en 2010, 2019, 2024)Marchés instables (Irak, Algérie : amende de 10 Md DZD en 2026 ; Myanmar déprécié de 2,25 Md QAR), déconsolidations qui rétrécissent le groupe
Bilan CA 2004 → 2025 (USD)×2,0 (2,0 → 3,9 Md$ ; ×3,1 depuis 2001, mais +0,5 %/an depuis 2015)×6,9 (0,48 → 3,3 Md$)×1,7 (1,26 → 2,2 Md$ ; ×13,7 en livres égyptiennes)×10,5 (0,65 → 6,8 Md$, par acquisitions ; −27 % depuis le pic de 2013)
1Il y a deux façons d'être État-actionnaire, et le tableau les met côte à côte. L'État marocain a vendu (78 % du capital en six opérations, 58,2 MMDH) et encaisse aujourd'hui 0,3 MMDH de dividendes par an contre 3,3 en 2004. L'État égyptien a gardé 70 % et touche peu : Telecom Egypt réinvestit, distribue 1,50 EGP par action et sa livre a été divisée par huit. L'État sénégalais a gardé 27 % d'un opérateur qui croît de 7,5 %/an — et reçoit désormais, en dollars, autant que le Maroc. Ce n'est pas le pourcentage détenu qui fait la rente, c'est la croissance de ce qu'on détient.
2La croissance est allée là où il restait des abonnés à conquérir. Maroc Telecom a doublé entre 2001 et 2008 pendant que la pénétration mobile marocaine passait de 17 % à 74 % ; depuis la saturation (101 % en 2010), la seule croissance est africaine — Moov Africa est passé de 3,5 à 19,2 MMDH et dépasse le Maroc en 2025. C'est exactement le manuel de Sonatel, appliqué depuis une base plus petite et sur des marchés encore jeunes. Ooredoo montre l'autre extrémité : une croissance achetée à crédit, puis rendue.
3Le prochain cycle se joue sur l'infrastructure partagée et sur la paix réglementaire. Uni Fiber et Uni Tower avec l'ancien adversaire Inwi, la TowerCo Ooredoo-Zain, les câbles de Telecom Egypt : les opérateurs redeviennent des sociétés d'infrastructure. Pour Maroc Telecom, les 12 MMDH de sanctions (amende, astreinte, dommages) sont le prix du modèle précédent — et le nouveau directeur général est l'ancien patron du régulateur (ANRT, 2003-2008). Le signal est clair, l'exécution reste à démontrer.
Méthode, définitions et limites

Ce que mesurent exactement les graphes

Définitions

  • Chiffre d'affaires : CA consolidé publié (Maroc Telecom en MAD — IFRS depuis 2004, normes marocaines pour 2001-2003 ; Sonatel en FCFA — SYSCOHADA puis IFRS à partir de 2018 ; Telecom Egypt en EGP — IFRS jusqu'en 2010, normes égyptiennes ensuite ; Ooredoo en QAR, IFRS), converti en USD au taux moyen annuel de la Banque mondiale. L'infobulle donne la part du Maroc dans le CA de Maroc Telecom quand elle est publiée.
  • Effectifs : effectif du groupe en fin d'année. Maroc Telecom 2016-2021 : effectif moyen de l'année (seule série publiée, note « charges de personnel »), signalé P. Telecom Egypt 2021 (31 663) et 2022 (≈ 35 700 permanents, calculé à partir des 52 477 équivalents temps plein du rapport GRI dont 68 % de permanents) : périmètre instable, signalé. Ooredoo 2016-2019 : sommes des effectifs par filiale, hors siège.
  • Salaires nets d'inflation : charges de personnel consolidées ÷ effectif, en monnaie locale, déflatées de l'inflation du pays d'origine (Banque mondiale) et rebasées à 100 la première année disponible. C'est un majorant du salaire brut (charges patronales, indemnités de départ, part variable) et il est sensible au mix géographique : les filiales africaines pèsent 34 % des effectifs de Maroc Telecom en 2025, 49 % de ceux de Sonatel, 90 % de ceux d'Ooredoo. Comparer les pentes, pas les niveaux. Pour Maroc Telecom seule au Maroc, les charges de personnel de la société mère ÷ l'effectif Maroc donnent 111 kDH par salarié en 2001 et 342 kDH en 2024 : la même multiplication par deux en termes réels.
  • Contribution au budget de l'État : part de l'État dans les dividendes payés dans l'année (au taux de détention à la date de paiement : 65 → 50,1 → 34,1 → 30 → 22 % pour le Maroc ; 27,67 → 27,16 % pour le Sénégal ; 100 → 80 → 70 % pour l'Égypte ; 55 → 66-69 % pour le Qatar) + charge d'impôt sur les sociétés consolidée. Cette charge inclut les impôts des filiales étrangères : pour Maroc Telecom, l'IS de la société mère (Maroc Telecom SA) est dans l'infobulle quand il est publié ; Ooredoo Q.P.S.C. est exonérée d'IS au Qatar, sa charge est payée en Algérie, Tunisie, Irak, Oman, Koweït. Les cessions de capital, licences, amendes, TVA, service universel et cotisations sociales ne sont pas dans les barres : ils sont listés sous le graphe 4.

Limites et données non trouvées

  • Maroc Telecom : effectifs de fin d'année 2004-2006 et 2012-2021 non trouvés (les documents de référence 2005-2007 et 2012-2017 ne sont plus en ligne, iam.ma ayant changé d'adresses) — l'effectif moyen comble 2016-2021 ; charges de personnel et IS consolidés 2012-2013 non trouvés (barres « partiel ») ; dividendes reçus par l'État 2001-2003 et 2012-2015 calculés (part de l'État × total distribué) ; aucun salaire moyen publié. Les comptes 2001-2003 sont en normes marocaines.
  • Sonatel : effectif 2012 et 2025 non trouvés (le rapport 2025 ne cite que « ≈ 5 000 emplois directs », non-permanents inclus) ; la date du passage de l'État de 27,67 à 27,16 % n'est pas documentée (±0,5 point) ; les charges de personnel incluent l'intérim depuis 2016 (ratio surestimé de 5 à 8 %).
  • Telecom Egypt : rapport annuel 2007 scanné (IS et personnel 2006 non trouvés) ; IS 2011-2014 non isolé ; effectifs 2009-2015 non publiés ; 2023-2025 seulement via une estimation privée (Revelio Labs, ≈ 26 000), non retenue ; dividende de l'exercice 2014 reconstruit d'après une source secondaire. Trois dévaluations (2016, 2022-2023, 2024) font des séries en dollars un artefact de change autant qu'une mesure de performance.
  • Ooredoo : effectifs 2004-2005 et 2007-2008, IS 2004 et 2008 non trouvés ; la part de l'État dans les dividendes est calculée (55 % puis 66-69 %) et non observée ; le déflateur (inflation du Qatar) ne décrit qu'un dixième des effectifs ; deux ruptures de périmètre (Indosat 2008-2021, Myanmar 2014-2024).
  • Taux de change : Banque mondiale, moyenne annuelle. Le CA 2025 de Maroc Telecom ressort à 3,9 Md$ à 9,35 MAD/$.
  • Projections : mécaniques. Elles ignorent la 5G et la fibre partagée (Maroc Telecom), les dévaluations futures (Égypte), l'impôt minimum mondial (Ooredoo, depuis 2025), les licences à renouveler et la fusion Indosat ; elles servent à comparer des inerties, pas à prédire.
En clôture — expérience de pensée signée Claude (Fable 5)

Le plan 2026–2045 pour que Maroc Telecom passe — et reste — n°1 sur les quatre KPI

Les quatre KPI de l'étude, précisément. Aujourd'hui Maroc Telecom est n°1 sur un seul d'entre eux : le rythme des salaires réels (+3,1 %/an sur 2001-2025, devant Sonatel à +2,9 %/an et Ooredoo à +0,7 %/an ; Telecom Egypt n'a pas de série assez longue). Il est n°2 sur deux : le chiffre d'affaires (3,9 Md$, derrière Ooredoo à 6,8) et la contribution à l'État (0,52 Md$, derrière Ooredoo à 0,71). Il est n°3 sur le dernier, les salariés (8 118, derrière Telecom Egypt ≈ 36 000 et Ooredoo 10 952) — et c'est le seul KPI où le premier rang n'est ni atteignable ni souhaitable, on dira pourquoi. Le plan dit comment prendre la tête sur trois et remonter sur le quatrième — avec, pour chaque course, le calcul, les conditions et ce qui ferait échouer. Les jugements restent des interprétations de Claude — ni prévision, ni conseil d'investissement.

1 · Pourquoi un plan : la menace, calculée

On prolonge simplement les tendances du graphe 1 (chiffre d'affaires, en dollars). Maroc Telecom croît à +3,5 %/an sur toute l'ère Ahizoune, mais à +0,5 %/an seulement sur 2015-2025 ; Sonatel à +7,5 %/an sur 2004-2025 et +8,1 %/an sur 2015-2025. Quatre courbes, un croisement.

2 · Le mécanisme du plan : des menaces mesurées aux KPI défendus

RIVALITÉS (MESURÉES) LEVIERS DU PLAN LES 4 RANGS VISÉS Sonatel +8,1 %/an croisement du CA vers 2028-2030 Le Maroc s'érode CA Maroc −29 % depuis 2010 ; mobile 77 → 32 % Prix divisés par six ARPM 1,12 → 0,19 DH/min (gr. 1) 12 MMDH de sanctions 2020-2024 ; dividende État 3,3 → 0,3 MMDH 1 · Reconquérir le Maroc par la fibre et la 5G partagées 3 M de prises Uni Fiber, 5G à 85 % : CA Maroc +3 %/an 2 · Moov Africa, de 19 à 40 MMDH data, Mobile Money, licences locales : +7 %/an 3 · Vendre de l'infrastructure et du service tours, data centres, cloud, cyber : 10-15 % du CA 4 · Pacte État-régulateur, dividende plancher zéro sanction, payout 70 % retrouvé, IS Maroc ≥ 3 MMDH 5 · Réembaucher dans les nouveaux métiers effectifs +2 %/an ; salaires +2 %/an réels KPI 1 · N°1 chiffre d'affaires ≥ 6,5 %/an : devant Ooredoo et Sonatel en 2035 KPI 2 · N°2 salariés inverser la courbe : ~10 000 en 2035 KPI 3 · N°1 salaires réels +2 %/an durable, masse salariale ≈ 8 % du CA KPI 4 · N°1 contribution État ≥ 14 % du CA, plancher 5 MMDH/an
Chaque flèche est une causalité revendiquée par le plan, pas un fait établi. À gauche, les rivalités mesurées dans les graphes 1 à 4 ; à droite, les quatre KPI de l'étude avec le rang visé — la flèche en pointillés (levier 4 → salaires) rappelle que payer mieux durablement suppose d'avoir cessé de payer des amendes. Les leviers 1 à 3 font le chiffre d'affaires, le levier 5 emploie et paie, le levier 4 verse à l'État.

3 · Les cinq leviers, et sur quoi chacun s'appuie

1Reconquérir le marché marocain par l'infrastructure partagée. Uni Fiber (3 M de prises en cinq ans) et Uni Tower (6 000 tours en dix ans) avec Inwi, 5G à 85 % de couverture en 2030, fibre 100 Mb/s à 400 DH : l'objectif n'est pas de regagner les 77 % de part de marché de 2001, c'est d'arrêter la chute du CA Maroc (−29 % depuis 2010) et de le faire repartir à +3 %/an en vendant plus de débit à un parc stable. Fondements : accord IAM-Inwi et objectifs Uni Fiber/Uni Tower (Médias24) ; licence 5G et objectifs de couverture (ANRT) ; priorités 2026 (présentation des résultats 2025).
2Faire de Moov Africa un second Sonatel. Dix pays, 19,2 MMDH, déjà plus gros que le Maroc : viser 40 MMDH en 2035 (+7 %/an, le rythme de Sonatel) par la data, le Mobile Money (Orange Money a fait la différence à Dakar dès 2010) et la sécurisation des licences locales (six finalisées en 2025). Fondements : segments 2016-2025 (RFA 2025) ; le modèle Sonatel (rapport annuel 2025).
3Vendre de l'infrastructure et du service, pas seulement des forfaits. Tours et fibre ouvertes aux tiers, data centres et cloud souverain, cybersécurité, connectivité des entreprises et de l'État (le levier des câbles chez Telecom Egypt, de Syntys chez Ooredoo) : 10 à 15 % du CA en 2035 en revenus qui ne dépendent pas du prix de la minute. Fondements : stratégie RISE d'Ooredoo (Capital Markets Day 2025) ; activité de gros de Telecom Egypt (présentation 2026).
4Un pacte avec l'État-actionnaire et le régulateur. Zéro sanction (les 12 MMDH de 2020-2024 valent quatre années de dividendes de l'État), un dividende plancher pour le Trésor, la remontée du payout de 50 à 70 % une fois la fibre financée, et un IS de la société mère ramené au-dessus de 3 MMDH (il était de 3,7 MMDH en 2010, de 0,3 en 2024). Fondements : graphe 4 ; sanctions et règlement Wana (RFA 2024) ; politique de dividende (Attijari, oct. 2025).
5Réembaucher dans les nouveaux métiers, continuer à mieux payer. Inverser vingt-cinq ans de baisse d'effectifs (14 681 → 8 118) : +2 %/an de salariés directs dans la fibre, les tours, le cloud, la cybersécurité et Moov Africa pour repasser 10 000 en 2035 ; et +2 %/an de salaires réels — sous le +3,1 %/an historique, mais soutenable parce que le CA par salarié (483 k$ en 2025) continue de progresser : la masse salariale reste autour de 8 % du CA (8,3 % en 2025, contre 13,5 % chez OCP). Fondements : graphes 2 et 3 ; accord social 2025 (FNH) ; charges de personnel 3 044 MDH pour un CA de 36 681 MDH en 2025 (RFA 2025).

4 · Le calcul derrière chaque cible

KPI 1 — CA 2035 ≈ Maroc 2,0 Md$ × (1,03)¹⁰ + Moov Africa 2,05 Md$ × (1,07)¹⁰ + nouveaux métiers ≈ 0,6 Md$ ≈ 7,3 Md$ (fourchette 6,5–8)Maroc : arrêt de l'érosion puis +3 %/an (fibre, 5G, débit vendu) ; international : le rythme de Sonatel (+7 %/an) appliqué à Moov Africa ; nouveaux métiers : 10 % du CA atteints en 2035 ; taux de change 2025 figés. Soit +6,5 %/an au total — entre la tendance longue (+3,5 %) et un rythme que le groupe n'a plus connu depuis 2008 (+10,9 %/an sur 2001-2008).
KPI 1 — CA 2045 ≈ CA 2035 × (1,04 → 1,05)¹⁰ ≈ 11–13 Md$décélération assumée après 2035 (marchés africains à leur tour saturés) ; ni héroïque, ni acquis.
KPI 1 — condition du rang : à +6,5 %/an, Maroc Telecom repasse devant Ooredoo (5,4 à 8,8 Md$ en 2035 selon la tendance) et reste devant Sonatel (6,8 à 7,2 Md$) en 2035 → n°1 vers 2033-2035mais Sonatel à +8 %/an atteint 14 à 16 Md$ en 2045 : garder le rang jusque-là exige de tenir ≥ 8 %/an ou de compter sur la décélération de Sonatel (marchés UEMOA à leur tour saturés) — condition dite, pas cachée. Voir le graphe de croisement ci-dessus.
KPI 2 — Salariés : 8 118 × (1,021)¹⁰ ≈ ~10 000 en 2035 · ~12 000 en 2045 ; passage devant Ooredoo ≈ 2028Ooredoo perd 2,9 à 4,5 %/an (6 900 à 8 200 salariés en 2035) : il suffit d'arrêter de décroître pour la dépasser vers 2028. Telecom Egypt (≈ 36 000 permanents) reste hors d'atteinte, et ce n'est pas l'objectif : c'est l'héritage d'un monopole que l'État égyptien réduit par plans de départs successifs. Le garde-fou n'est pas le nombre de salariés mais le ratio masse salariale / CA ci-dessous.
KPI 3 — Salaire réel : indice 218 (2025, base 2001) × (1,02)ᵗ → ~266 en 2035 · ~324 en 2045 (pouvoir d'achat ×3,2 vs 2001)sous le +3,1 %/an historique — qui venait pour partie de la baisse d'effectifs (le même gâteau partagé entre moins de convives) — mais au-dessus du +1,2 %/an de 2016-2025 ; reste n°1 en rythme devant Sonatel (+2,9 %/an tendance, +1,9 % récente). Soutenabilité : effectifs ×1,23 × salaires réels ×1,22 × inflation ≈ +6 %/an de masse salariale pour +6,5 %/an de CA ⇒ ratio stable ≈ 8 %.
KPI 4 — Contribution État = 14 % × CA (contre 12,3 % en 2021-2025) → ~1,0 Md$ en 2035 · ~1,6 Md$ en 2045 · cumul 2026-2045 ≈ 20 Md$ (≈ 190 MMDH)le ratio dividendes État + IS / CA était de 20-23 % en 2006-2011 (payout 100 %, État à 30 %) et de 12 % depuis ; revenir à 14 % suppose le payout à 70 % et un IS Maroc ≥ 3 MMDH sans nouvelle sanction déductible. Rival à battre : Sonatel, dont l'État touche 0,49 Md$ en 2025 et 0,9 à 1,0 Md$ en 2035 à cap constant — la course est serrée ; Ooredoo (0,71 Md$ en 2025) décroît sur sa tendance.

5 · La course au n°1, KPI par KPI (hypothèses affichées, pas des prévisions)

KPI de l'étudeRang 20252035 (plan)2045 (plan)Condition pour passer / rester n°1
1 · Chiffre d'affairesn°2 — 3,9 Md$, derrière Ooredoo (6,8), devant Sonatel (3,3)~6,5–8 Md$, n°1 vers 2033-2035~11–13 Md$tenir ≥ 6,5 %/an (formule KPI 1) ; rester n°1 en 2045 exige ≥ 8 %/an ou une Sonatel qui ralentit
2 · Salariésn°3 — 8 118 contre ≈ 36 000 (Telecom Egypt) et 10 952 (Ooredoo)~10 000, n°2 dès 2028~12 000effectifs +2 %/an dans les nouveaux métiers ; Telecom Egypt hors d'atteinte par construction (héritage de monopole)
3 · Salaires réels (nets d'inflation)n°1 en rythme — +3,1 %/an contre +2,9 %/an (Sonatel) et +0,7 %/an (Ooredoo)indice ~266, n°1 en rythme durable~324 (×3,2 vs 2001)+2 %/an réels financés par la productivité ; masse salariale maintenue ≈ 8 % du CA
4 · Contribution à l'Étatn°2 — 0,52 Md$ (2025), derrière Ooredoo (0,71), devant Sonatel (0,49)~1,0 Md$, n°1 vers 2030~1,6 Md$≥ 14 % du CA + plancher ~5 MMDH/an même en bas de cycle ; aucune sanction déductible ; payout 70 %
Jalons transverses3 M de prises fibre · 5G 85 % · Moov Africa 40 MMDH · nouveaux métiers 10 % du CAnouveaux métiers 20 % du CA · Moov Africa > 60 % du groupeleviers 1 à 3 ; conditionnent le CA et donc les rangs 1 et 4

Ce qui ferait dérailler ce plan (à écrire en première page) : une Sonatel qui garde +8 %/an dix ans de plus (les rangs 1 et 4 lui reviendraient vers 2040) ; une guerre des prix sur la fibre partagée qui transforme les 3 M de prises en volume sans revenu ; un choc de change ou réglementaire sur un grand pays de Moov Africa (le Mali et le Burkina pèsent lourd) ; une nouvelle sanction de l'ampleur de 2020-2024 ; un État qui cède encore du capital (la part de l'État dans le dividende tomberait avec) ; un actionnaire de contrôle, e&, qui privilégierait le dividende sur le CAPEX à 25 % ; une 5G qui ne se monétise pas mieux que la 4G ; et le retour de Telecom Egypt en dollars si la livre se stabilise. La probabilité que tout s'exécute comme écrit est faible — la valeur d'un plan à 20 ans est dans la direction et les conditions de réussite, pas dans la précision des chiffres.

Tout tenait en une image

Le résumé de l'étude, à partager tel quel. Chaque chiffre vient des tableaux ci-dessus.

Maroc Telecom · 2001 → 2025 · l'ère Ahizoune

Vingt-cinq ans, quatre indicateurs

Ce que la privatisation de Maroc Telecom a donné, mesuré sur ce qui touche les Marocains — le miroir de l'étude OCP.

Chiffre d'affaires
×2,6
14,3 → 36,7 MMDH entre 2001 et 2025
×2 avant 2008, puis un plateau ; l'Afrique dépasse le Maroc en 2025
2001 2025
Salariés
8 118
fin 2025, contre 14 681 en 2001
−45 % ; au Maroc, 5 392 (−63 %) : le chiffre d'affaires par salarié a été multiplié par 5,6
8,3 % du chiffre d'affaires part en salaires (13,5 % chez OCP) — moins de gens, mieux payés.
Salaires réels
×2,2
de pouvoir d'achat par salarié, 2001 → 2025
111 → 375 kDH par an et par tête, charges comprises
+5,2 %par an, coût moyen par salarié
contre
+1,8 %par an, inflation
Versé à l'État
176 MMDH
l'actionnaire public a surtout été un vendeur
l'État est passé de 100 % à 22 % du capital
Face aux trois opérateurs qui lui ressemblent le plus — chiffre d'affaires 2025
Ooredoo Qatar6,8 Md$
Maroc Telecom Maroc3,9 Md$
Sonatel Sénégal3,3 Md$
Telecom Egypt Égypte2,2 Md$

2028 : l'année où Sonatel, qui pesait le quart de Maroc Telecom en 2004, la dépasserait si chacune gardait son cap (+8,1 %/an contre +0,5 %/an). L'État marocain a encaissé 58 MMDH en vendant ; il reçoit 0,3 MMDH de dividendes par an, contre 3,3 en 2004.

Cap Constant Sources : rapports financiers et documents de référence Maroc Telecom, AMMC, DEPP (Rapport EEP), ANRT, rapports annuels Sonatel, Telecom Egypt et Ooredoo, Banque mondiale. Détail et niveau de confiance de chaque point dans l'étude.
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